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Nous sommes des femmes consacrées à Dieu pour l'éducation des jeunes, avec une attention particulière à la condition féminine. Nous vivons en communauté et avec les jeunes la spiritualité et la pédagogie de Saint Jean Bosco et de Sainte Marie-Dominique Mazzarello.

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Instrumentum Laboris - 1

 

SYNODE  DES  ÉVÊQUES

 

IIème ASSEMBLÉE SPÉCIALE POUR L’AFRIQUE

 

L’ÉGLISE EN AFRIQUE AU SERVICE DE

LA RÉCONCILIATION, DE LA JUSTICE ET DE LA PAIX.

 

« Vous êtes le sel de la terre …

Vous êtes la lumière du monde » (Mt 5, 13.14)

 

INSTRUMENTUM LABORIS

 

Cité du Vatican 2009

 

         Accueillant la requête de l’épiscopat africain, le Saint-Père Benoît XVI a convoqué au Vatican la Deuxième Assemblée Spéciale pour l’Afrique du Synode des Évêques qui se tiendra, avec l’aide de Dieu, du 4 au 25 octobre 2009. Après une consultation appropriée, l’évêque de Rome, Chef du Collège des Évêques et Président du Synode des Évêques, a choisi pour cette Assise synodale le thème L’Église en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix. « Vous êtes le sel de la terre […] Vous êtes la lumière du monde (Mt 5, 13.14).

 

         Le Conseil Spécial pour l’Afrique de la Secrétairerie Générale du Synode des Évêques s’est occupé, dans un premier temps, du texte des Lineamenta sur l’argument synodal, publié le 27 juin 2006. Ensuite, ce même Conseil a rédigé le présent Instrumentum laboris, document de travail de la Deuxième Assemblée Spéciale pour l’Afrique du Synode des Évêques. Il s’agit de la synthèse des réponses sollicitées par les Lineamenta, parvenues des 36 Conférences épiscopales et des 2 Églises Orientales Catholiques sui iuris présentes sur le continent africain, tout comme des 25 Dicastères de la Curie Romaine et de l’Union des Supérieurs Généraux, auxquelles se sont ajoutées des réflexions de diverses institutions ecclésiales et de fidèles laïcs, engagés dans l’évangélisation et dans la promotion humaine sur le continent africain.

 

         Le thème de l’Assise synodale est assez significatif. Avant tout, il se réfère à la Première Assemblée Spéciale pour l’Afrique du Synode des Évêques qui a eu lieu il y a quinze ans, du 10 avril au 8 mai 1994, et dont les résultats ont été recueillis par le Serviteur de Dieu Jean-Paul II dans l’Exhortation Apostolique Postsynodale Ecclesia in Africa, publiée le 14 septembre 1995. Tenant compte de ce document, encore d’actualité aujourd’hui, les Pères synodaux, guidés par le Souverain Pontife, entendent approfondir les thèmes de la réconciliation, de la justice et de la paix, afin que l’Église dans son ensemble, ses communautés et ses institutions, tout comme chaque chrétien, en communauté et individuellement, puissent devenir toujours plus le sel de la terre africaine et la lumière du monde social, culturel et religieux en Afrique.

 

         « Laissez-vous réconcilier avec Dieu » (2 Co 5, 20). Cette invitation pressante aux chrétiens de Corinthe et du monde entier est adressé, d’une façon particulière, aux fidèles et aux hommes de bonne volonté en Afrique, affectée par tant de discordes et de divisions ethniques, sociales et religieuses, qui fréquemment débouchent sur des démonstrations de haine et de violence. Elles sont les manifestations de péchés personnels qui ont des connotations sociales négatives et qui rendent urgente l’œuvre de réconciliation avec Dieu et avec le prochain. Dans son infinie bonté et son éternelle miséricorde, Dieu le Père, par l’opération du Saint-Esprit, prend l’initiative dans la réconciliation. Il nous a réconcilié avec lui par son Fils Unique Jésus-Christ qui a confié à son Église le ministère de la réconciliation (cf. 2 Co 5, 19). En effet, le Seigneur ressuscité a donné aux Disciples l’Esprit Saint pour la rémission des péchés (cf. Jn 20, 22). Le centre de la réconciliation entre Dieu et l’homme est le cœur transpercé du Seigneur Jésus crucifié, duquel continuent à jaillir de l’eau et du sang (cf. Jn 19, 34), sacrements de notre salut. Par la croix, Jésus-Christ a réconcilié les deux peuples, les Juifs et les Gentils, détruisant entre eux toute inimitié et les rassemblant en un seul corps (cf. Ep 2, 14-16).

 

         Réconcilié avec Dieu, le croyant, africain aussi, trouvera la force de l’Esprit Saint pour se réconcilier avec ses frères. L’oeuvre de la réconciliation, en outre, va au-delà des rapports entre les personnes et les peuples et s’étend à toute la création (cf. Rm 8, 19). En effet, par Jésus-Christ, Dieu le Père a réconcilié toutes choses, celles de la terre et celles des cieux (cf. Col 1, 20). Pour bien remplir le ministère de la réconciliation que lui a confié le Seigneur Jésus, l’Église elle-même doit devenir toujours plus une communauté réconciliée, lieu de la réconciliation à annoncer à tous les hommes de bonne volonté.

 

         « Il nous convient d'accomplir toute justice » (Mt 3, 15). En insistant auprès de Saint Jean-Baptiste pour recevoir le baptême, Jésus-Christ voulut réaliser ce qui était juste devant Dieu le Père, en accomplissant sa volonté. Une telle attitude eut l’approbation du ciel. L’Esprit Saint, sous forme de colombe, descendit sur Jésus, alors que le Père le reconnut comme son Fils bien-aimé, qui a toute sa faveur (cf. Mt 3, 16-17). Suivant l’exemple du Maître, les disciples doivent surtout chercher le Royaume et la justice de Dieu (cf. Mt 6, 33). D’une telle obéissance à la volonté de Dieu dérive la justice envers le prochain, comme c’est indiqué, entre autre, aussi dans le Décalogue (cf. Ex 20, 2-17). Les droits de Dieu précèdent et fondent les droits des hommes et des peuples. Jésus-Christ lui-même promet que Dieu se hâtera de rendre justice à ses élus qui crient vers lui jour et nuit (cf. Lc 18, 6-8).

 

         Parmi les élus on peut compter nombre de malades, de pauvres, d’esclaves, de veuves, d’étrangers, de migrants, de personnes en marge de la société en Afrique, qui sont, cependant, objets de l’amour préférentiel de Dieu. Le Seigneur Jésus s’identifie à eux: « En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait » (Mt 25, 40). En particulier, Jésus-Christ déclare bienheureux ceux qui sont persécutés à cause de la justice (cf. Mt 5, 10). Lui même offre l’exemple par excellence, du serviteur juste et doux de Dieu qui a en a justifié beaucoup (cf. Mt 12, 18-21; Is 40, 1-4; 53, 11). La justice des chrétiens, avec la grâce de l’Esprit Saint, doit aller au-delà de celle des pharisiens (cf. Mt 5, 20) et devenir miséricorde (cf. Mt 9, 13; 12, 7). Même les pécheurs repentis, qui croient en Dieu et accomplissent sa volonté, comme les publicains et les prostituées, font partie du Royaume de justice et de paix (cf. Mt 21, 32). La justice de rétribution doit être intégrée avec celle de réparation, en Afrique et partout dans le monde.

 

         « Paix à vous! » (Jn 20, 19). Le Seigneur Jésus donne sans mesure l’Esprit et offre la paix aux disciples (cf. Jn 20, 21; 3, 34). Il s’agit d’une paix particulière, que le monde ne peut donner (cf. Jn 14, 27) parce qu’il ne connaît ni le Seigneur Jésus ni le Saint-Esprit (cf. Jn 14, 17). En effet, notre paix est Jésus-Christ, celui qui a abattu toute inimitié en unissant les peuples divisés (cf. Ep 2, 14). Déjà, par sa naissance, Jésus a guidé sur le chemin de la paix les pas du peuple enveloppé par les ténèbres (cf. Lc 1, 79). Toute la création, le ciel et la terre et les hommes de bonne volonté s’en sont réjouis. La multitude de l’armée céleste a chanté gloire à Dieu au plus haut des cieux, souhaitant la paix sur terre aux hommes qu’il aime (cf. Lc 2, 14)

 

         Malheureusement tous n’acceptent pas Jésus et le don de la paix. Dans la lutte avec les ténèbres du péché et de la mort, le Seigneur Jésus devient signe de contradiction (cf. Lc 2, 34). Il pleure sur le sort de Jérusalem parce qu’elle n’a pas connu le message de la paix (cf. Lc 19, 42). Nonobstant la tribulation, les fidèles ont reçu du Seigneur la promesse de la paix parce qu’il a vaincu le monde (cf. Jn 16, 33). C’est cette paix du Seigneur que nous nous donnons lors de l’Eucharistie, avant d’accéder à la communion.

 

         « Paix à cette maison! » (Lc 10, 5). Pour suivre Jésus-Christ, les fidèles sont appelés à être opérateurs de paix. Pour une telle œuvre, ils seront bienheureux et appelés fils de Dieu (cf. Mt 5, 9). La paix est le grand don que les disciples doivent annoncer à tous, selon le mandat reçu du Père (cf. Jn 20, 21). Une telle mission de paix est plus que jamais actuelle dans l’Afrique troublée par les conflits, les guerres et les violences. La recherche de la paix demande des initiatives variées: une ambassade pour « demander la paix » (Lc 14, 32), le dialogue, l’accord honorable. La paix a une dimension personnelle, familiale et communautaire. À la femme pécheresse qui se repent, le Seigneur offre le pardon et la paix (cf. Lc 7, 50). Les disciples portent la paix aux personnes qu’ils visitent dans une maison (cf. Mt 10, 13; Lc 10, 5-6). La paix, en tous cas, est destinée à tous, à partir des disciples entre eux: « vivez en paix les uns avec les autres » (Mc 9, 50).

 

         Jésus-Christ « est venu proclamer la paix, paix pour vous qui étiez loin et paix pour ceux qui étaient proches » (Ep 2, 17). L’Église ne se lasse jamais d’annoncer la béatitude de la réconciliation, de la justice et de la paix à travers les routes du monde souvent incertaines et les chemins tortueux de l’histoire. De cette manière elle reste fidèle à son Seigneur, Jésus, qui « parcourait toutes les villes et les villages, enseignant dans leurs synagogues, proclamant la Bonne Nouvelle du Royaume et guérissant toute maladie et toute langueur » (Mt 9, 35). Tout en affirmant clairement que son Royaume n’est pas de ce monde (cf. Jn 18, 36), Jésus-Christ, durant sa vie sur terre, en multipliait les signes, en venant en aide aux personnes dans leurs nécessités spirituelles et matérielles. La pleine réalisation du Royaume adviendra seulement au ciel, quand les élus, réconciliés avec Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, vivront la plénitude de la justice et de la paix dans la communion de tous les saints, parmi lesquels la Bienheureuse Vierge Marie tient une place particulière. Confions à la maternelle intercession de Marie, Notre-Dame d’Afrique et Reine de la Paix, les fatigues apostoliques des évêques participants à la Deuxième Assemblée Spéciale pour l’Afrique, sous la conduite éclairée et affectueuse du Saint-Père Benoît XVI, afin que soient multipliés toujours plus les signes du Royaume pour le bien de l’Église Catholique, des autres Églises et communautés chrétiennes tout comme des autres dénominations religieuses, de ceux qui ont à cœur la paix dans la justice et dans la réconciliation, et de tous les hommes de bonne volonté sur le grand continent africain et les îles adjacentes.

 

+ Nikola Eterović

Archevêque titulaire de Sisak

Secrétaire Général

Du Vatican, 19 mars 2009

 

 

 

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